A super prix spécial, marraine spécialement super – Partie 1

Vous avez entendu parler du super prix spécial Dessin de presse de l’édition 2015 du concours Kaléïdo’scoop ? Mais connaissez-vous sa super marraine, Camille Besse ? 

Pas encore bande de journalistes jeunes ? Quelle honte ! Je l’ai rencontré et elle a accepté de répondre à mes questions pour assouvir votre intarissable curiosité. Lisez-moi ça et vous n’hésiterez plus une seconde avant de vous inscrire au prix spécial Dessin de presse !

« Bonjour Camille,

portrait

Camille Besse par elle-même

Est ce que tu pourrais te présenter en 5 mots ?

Ah la question piège dès le début -rires. Alors…

Dessinatrice, Femme, Journaliste, Humaniste, Gauchiste.

Ah, journaliste ? Les dessinateurs de presse sont journalistes ?

On ne naît pas journaliste on le devient. Avant je ne faisais que du dessin éditorial, donc c’était facile, c’était simplement commenter le sujet en faisant une blague. Je pense que je fais du journalisme par la force des choses à la manière d’un dessinateur. Je me retrouve à rencontrer des gens et retranscrire de ce qu’ils pensent.

Je fais ça d’un point de vue subjectif, je marche plus à l’émotion, je vais aborder les choses différemment d’un journaliste qui va faire les choses de manière plus carrée. C’est peut être pour ça que c’est intéressant d’avoir un dessinateur, parce qu’il va rapporter les choses d’une manière différente.

Je pense que c’est quand même du journalisme et notamment dans certaines situations où les journalistes sont pas les bienvenus, c’est rare qu’on refuse un dessinateur, ça permet d’entrer dans des endroits où c’est plus difficile d’entrer pour des journalistes.

Pourquoi vous auriez plus de facilités à rentrer là où les journalistes ne sont pas les bienvenus ? Parce que les gens vous prennent pas au sérieux ?

Déjà ça et aussi parce que je ne prends pas de photos, parce que les gens ne veulent pas être pris en photos, par contre les gens adorent être dessinés.

Draw me like

 

Mais c’est assez paradoxal parce que dans le dessin on juge les gens, on peut les déformer ?

Oui mais justement ! On les reconnaîtra pas, il y a pas le côté légal, le côté très froid, le côté très clinique de la photo et parfois du journalisme, moi je passe par des angles… Ah non c’est pas vrai de dire ça.. J’allais dire que les angles sont beaucoup plus arrondis, mais les angles sont quelques fois plus sévères quand on rentre dans la caricature. Je choisis ce que je dessine.

Ces endroits dont je parlais précédemment où les journalistes ne sont pas désirés c’est souvent la prison les lieux d’enfermement, des victimes. Pour ces dessins a priori c’est des personnes envers qui je vais être bienveillante : je ne me suis jamais retrouvée à vouloir assassiner quelqu’un qui m’a fait confiance, qui m’a accepté auprès de lui alors que c’était pas évident. Dans ces situations là ce sont des gens pour qui on éprouve de l’empathie envers qui on a du respect.

Pourquoi avoir choisi d’être dessinatrice de presse et comment as-tu fait pour exercer ce métier ?

Je voulais être dessinatrice depuis que j’ai le souvenir de vouloir faire un métier. Quand j’étais petite en fait je voulais être Picasso – non je n’avais pas du tout un ego démesuré- et puis à 7 ans j’ai vu un tableau de Picasso qu’il avait fait à l’âge de 7 ans et du coup j’ai compris que pour Picasso c’était un peu raté et que plus modestement j’allais essayer de faire du dessin.

Girl drawing

 

Une passion décidément précoce chez notre marraine !

On m’avait dit que pour faire dessinateur il faut faire de la pub. Donc quand on me demandait ce que je voulais faire plus tard, bah je disais que je voulais faire de la pub. J’ai donc fait un bac art plastique pour entrer dans des écoles d’art, je suis entrée dans de très bonnes écoles d’art, j’ai réussi tous mes concours, j’ai tout bien fait comme il faut.

J’ai fait un BTS de communication  visuelle, donc de pub donc? je suis sortie de là j’avais 20 berges, j’avais mon joli BTS des arts appliqués et j’ai bossé en agence de com’ événementielle… Et j’ai compris que c’était pas ça , qu’il y avait un problème : j’aimais pas ça. Je suis restée 4 ou 5 mois le temps de faire du blé mais mon but c’était pas de me retrouver à 20 ans à gagner plus d’argent que mon père…

Fuite 1

Et puis je me suis barrée de là en courant !

Et j’ai repris mes études, je suis retournée aux Arts Déco de Strasbourg, là je m’étais dit que j’allais faire de la BD, j’aimais bien raconter des histoires. On avait un blog avec des copines qui s’appelait Dessin Fanzine qui marchait bien à l’époque c’était un des premiers trucs où on a trouvé des BD de nanas, on faisait vraiment parti des premières. Bon après ça s’est répandu mais on était les premières. Ah et je suis une grosse feignasse aussi, je suis super impatiente, -ça peut être le 6e mot tiens [cf question 1]

Et en fait faire de la BD c’est super long, c’est hyper fastidieux, il faut construire une histoire et plus ça allait plus mes BD étaient courtes, donc très rapidement elles faisaient plus qu’une page. Et puis j’ai découvert le strip BD en 3 cases et c’était génial : 3 cases et une chute ! Et plus ça allait même le strip je trouvais ça trop long, à la fin y’avait plus qu’un dessin.

Et parallèlement à ça, il faut savoir que j’ai grandi dans une famille avec une conscience sociale élevée, mon père est délégué syndical, mon grand père était communiste, mais jusque là ça m’avait vraiment atteinte. Et avec la maturité, en me barrant de la com’ en ayant l’impression de servir à rien j’ai eu besoin de me dire que mon dessin allait me servir à quelque chose et d’y associer un discours politique, social, on appelle ça comme on veut mais en tous cas de vraiment mettre du contenu. La fiction en fait ne m’intéressait pas. Et ce qui m’intéressait c’était le réel.

Donc si on associe le fait qu’on veuille parler du réel avec le fait qu’on soit une grosse feignasse en faisant du dessin, je pense qu’on arrive très logiquement au dessin de presse. »

Vous n’en avez pas eu assez ? Vous avez l’impression de ne pas encore assez connaître cette femme hors du commun ? Vous trépignez d’impatience, vous et votre curiosité aiguisée de journaliste jeune ? 

Alors rendez-vous la semaine prochaine pour la suite de l’interview ! A suivre…

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